White paper published in Telos Magazine (you can read it in Arabic and in English on their website)
Alienation
Pour toi, j’ai oscillé entre vêtements, robes et propos longs et courts
J’ai mis en relief des appâts et en ai dissimulé d’autres puis j’ai tout attaché…pour toi
J’ai fermé les fenêtres
Brisé les vitres
Et les pieds ensanglantés, j’ai marché sur des milliers de tessons que j’avais pris pour moi-même.
J’ai cherché des fissures antiques, de nouvelles crevasses par où passerait la lumière d’une femme… et je les ai bouchées pour toi.
Tu as fait de moi un bourreau qui
Epie, jugule, détruis, interdit des opinions, des idées, des désirs et des folies.
J’ai fait taire même le silence, pour toi.
Je me suis mise à humer les relents de cocons qui ont nidifié dans des cocons
Derrière des barrières interdites, au fil barbelé, électrifiées
A ne plus avoir envie de respirer
Et je me suis accroupie dans l’attente de ma disparition, pour toi
Tu as scellé ma fin avec un sceau en or
Me laissant en flammes sous une pluie de remords
Les cils, les cheveux et les ongles dégoulinant de larmes
Souffrant dépouillement après dépouillement
Jusqu’à en oublier mon visage derrière ton miroir
Oh mon cher mari
Mon ex amoureux… Comment peux-tu me demander
A moi qui bien des nostalgies avant ta question étais ton papillon
Comment oses-tu me demander qui je suis ?
Traduction de Jalel El Gharbi
Le parfum subtilisé
J’ai commencé mon cheminement dans une enveloppe de parfums, dans des voiles de senteurs intimes, chaudes et lisses. Je n’ai pas souvenir d’un instant qui ne soit enveloppé d’exhalaisons.
Il n’est pas juste que, habitués à une odeur, elle n’exerce plus d’influence sur nous. Chaque fois que je pense m’être habituée aux effluves de la séduction, elles s’emparent de moi avec toute leur splendeur à chaque crépuscule. Il est certain que la même chose se produit pour mon propre parfum.
Mon parfum n’est soumis à aucune loi. Il ne connaît ni la crainte ni la mort. La pluie, l’imagination et les souvenirs l’excitent. Dès que quelqu’un me sent, je nidifie dans les cavernes de sa mémoire … J’y érige mythes, châteaux et temples…qui ne te quittent plus.
Je ne fais pas cela exprès. C’est mon parfum qui me conduit à maîtriser cette sensation extrêmement sensible. Il donne des dimensions légendaires à un beau souvenir, lui confère une délicieuse douleur et donne une beauté particulière à un souvenir douloureux, le rendant ainsi plus supportable. Mon parfum donne à la vie son profil et des limites acérées, trompeuses…
Le parfum subtilisé (extrait traduit par Jalel El Gharbi)
Il n’est pas juste que, habitués à une odeur, elle n’exerce plus d’influence sur nous. Chaque fois que je pense m’être habituée aux effluves de la séduction, elles s’emparent de moi avec toute leur splendeur à chaque crépuscule. Il est certain que la même chose se produit pour mon propre parfum.
Mon parfum n’est soumis à aucune loi. Il ne connaît ni la crainte ni la mort. La pluie, l’imagination et les souvenirs l’excitent. Dès que quelqu’un me sent, je nidifie dans les cavernes de sa mémoire … J’y érige mythes, châteaux et temples…qui ne te quittent plus.
Je ne fais pas cela exprès. C’est mon parfum qui me conduit à maîtriser cette sensation extrêmement sensible. Il donne des dimensions légendaires à un beau souvenir, lui confère une délicieuse douleur et donne une beauté particulière à un souvenir douloureux, le rendant ainsi plus supportable. Mon parfum donne à la vie son profil et des limites acérées, trompeuses…
Le parfum subtilisé (extrait traduit par Jalel El Gharbi)










